Accueil du site / La collective / Céline Marique

Je n’ai de lien entre mes souvenirs que celui de la migration : qu’elle soit physique à travers les frontières continentales ou familiales, ou qu’elle soit imaginaire à travers cette autre réalité onirique qui m’accompagne depuis la petite enfance. J’ai grandi dans un univers de nostalgie, celui de ma mère, des exilés chiliens. Ma nostalgie est différente, elle n’a pas d’objet précis, n’est pas inhérente à un regret. Elle est teintée de mélancolie, bien sûr, de langueur et de fragilité, de violence et de douceur, de contrastes et de bonheur, une nostalgie du futur. La nostalgie est mon regard sur le monde, ma recherche particulière du rêve, ma motivation dans ma pratique photographique. Elle est le sentiment qui m’émeut dans un sujet. Il y a aussi cette lumière que je guette sans jamais l’atteindre, cet instant entre deux, entre la réalité et la fiction, entre l’action et l’attente, entre le don et la perte. L’instant où s’abandonner est possible.